"Impressions d'audience" à l'énoncé du verdict

Le 15 août 1945, à 4 heures du matin, l'heure du verdict approche. Géraud Jouve est témoin de ce moment solennel et livre ses « impressions d'audience ».
PARIS, 15 août 1945 (AFP) - Les jurés rentrent les premiers. A leur mine grave on devine le verdict. Le procureur général regagne sa place sans le cérémonial habituel. Un silence impressionnant s’établit dans l’attente de l’accusé. Les tribunes du public sont noyées dans la pénombre. Il est 04 h 01 min lorsque Pétain apparaît.
Les juges suivent et aussitôt, le président lit les attendus.
Pétain nerveux tour à tour tend l’oreille, chiffonne ses gants, tripote son képi, se retourne vers ses défenseurs.

A mesure que la lecture avance, l’accusé retombe dans une demi-somnolence et renonce à suivre le débit trop rapide du président.
Lorsque ce dernier en vient à la condamnation à mort, Pétain, visiblement n’entend pas. Aucun muscle ne frémit dans son visage et c’est un homme tout étonné que les gardes et les défenseurs invitent à se lever pour regagner sa cellule.