My Lai, le napalm, l'Agent orange: les horreurs de la guerre

De la tuerie de My Lai à l'usage du napalm et de l'Agent orange, la guerre du Vietnam compte son lot d'atrocités qui sont venues renforcer l'opposition à la guerre chez les Américains.
- Le massacre de My Lai -
Le massacre, le 16 mars 1968, de 504 civils, dont 210 enfants de moins de 13 ans, dans le village de My Lai et les hameaux voisins de Co Luy et Tu Cung (province de Quang Ngai, nord-est du Sud Vietnam) choquera l'opinion. Il entraînera une révision de la formation des soldats.
Le pilote d'hélicoptère William Calley dira qu'il avait reçu l'ordre de se poser à My Lai et de nettoyer ce qui était censé être un repaire de la guerilla communiste. Pendant près de quatre heures, ses tirs et ceux de ses hommes ont visé, souvent à bout portant, des femmes, des enfants et des personnes âgées, quasiment les seuls présents.
Condamné à la prison à vie par une cour martiale, en mars 1971, il ne restera détenu que deux jours puis, sur intervention du président Nixon, sera mis aux arrêts domiciliaires.
Sa peine sera commuée à plusieurs reprises jusqu'à sa libération trois ans plus tard.
Plusieurs militaires ont été inculpés pour participation au massacre ou pour l'avoir couvert mais seul Calley a été condamné.
Un autre pilote d'hélicoptère qui survolait My Lai ce jour-là, l'adjudant-chef Hugh Thompson, a pu sauver quelques vies en interposant son appareil entre les Américains et les civils.
Il en fit évacuer quelques uns, avec l'aide de deux GIs Lawrence Colburn et Glenn Andreotta.
Malgré la dénonciation, par Thompson, de "crimes de guerre" contre des civils, le massacre, "couvert" par les supérieurs de Calley, n'a été connu précisément qu'en novembre 1969.

- Les ravages du napalm -
La photo d'une fillette nue de 9 ans fuyant sur une route, hurlant de douleur et de terreur, prise le 8 juin 1972 par un photographe vietnamien, Nick Ut Cong Huynh, est devenue le symbole de la guerre du Vietnam.
C'est celle de Phan Thi Kim Phuc, dépouillée de tous ses vêtements et brûlée après un bombardement sud-vietnamien au napalm sur le village de Trang Bang (sud), près de la frontière cambodgienne.
Atteinte sur plus des deux-tiers du corps, elle a survécu après quatorze mois de soins intensifs et, naturalisée Canadienne, a créé une fondation d'aide aux enfants victimes de guerre.
Les bombes incendiaires au napalm (essence, naphtalène et palmitate) ont été mises au point en 1942 à l'université d'Harvard. Leur texture de gel colle aux objets et aux personnes, brûlant les tissus très profondément.
En 1980, une convention des Nations unies a interdit son usage contre les populations civiles.
- L'Agent orange -
Les Américains ont déversé sur le Vietnam quelque 72 millions de litres d'herbicides, selon Hanoï.
Les effets du défoliant majoritaire - l'Agent orange (contenant de la dioxine)- perdurent chez les descendants des personnes exposées.
Il a été pulvérisé principalement sur les forêts et les cultures, afin de contrecarrer la progression des guerilleros.
Selon Hanoï, quelque trois millions de Vietnamiens ont été exposés, par le biais de la chaîne alimentaire.
Un million souffre encore de graves problèmes de santé dus à la dioxine, dont au moins 150.000 enfants nés avec des malformations.
Sur les sites les plus contaminés, les concentrations toxiques étaient encore 400 fois supérieures aux normes acceptables, en 2012, début des opérations américano-vietnamiennes de décontamination de l'Agent orange.
Une grande partie des produits étaient mélangés, stockés et embarqués dans les avions sur la base américaine de Danang, l'un des sites les plus atteints.
En 2010, les Etats-Unis ont reconnu les effets de l'Agent orange, souvent des cancers et des malformations.
Le département américain des anciens combattants a entrepris d'indemniser ses vétérans et Washington a décidé d'aider les Vietnamiens handicapés "quelle que soit la cause".