Politique étrangère : les grands discours de François Mitterrand

 

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M. Mitterrand à Mexico en 1981 Jean-Claude Delmas - AFP
M. Mitterrand à Mexico en 1981. Jean-Claude Delmas - AFP

A Mexico comme au Bundestag, à la Knesset ou à La Baule, de grands discours ont imprimé la marque de François Mitterrand en politique étrangère.

1981 : Discours dit de Cancun : plaidoyer tiers-mondiste

C'est à Mexico, le 20 octobre 1981, d'une tribune placée devant le monument de la Révolution, et non à Cancun (conférence Nord-Sud), que François Mitterrand s'adresse aux "humiliés et persécutés de la terre".

"Courage, la liberté vaincra", lance le président de la République, précisant toutefois qu'il "n'est de liberté que par l'avènement de la démocratie" et refusant ses "sinistres contrefaçons".

1982 : A la Knesset : "l'appel de Jérusalem"

Premier président français à se rendre en Israël, François Mitterrand évoque, le 4 mars 1982 devant les députés israéliens la création "le moment venu" d'un Etat pour les Palestiniens.

Mais, ajoute-t-il aussitôt, l'OLP ne peut espérer s'asseoir à une table de négociations "tant qu'elle déniera le principal : le droit d'exister et les moyens de sa sécurité à Israël".

1983 :  Au Bundestag : en faveur de la dissuasion nucléaire

Le 20 janvier 1983 au Bundestag, à Bonn, François Mitterrand, partisan d'un équilibre des forces en Europe, "base saine de la détente", plaide aux côtés d'Helmut Kohl pour le déploiement des missiles Pershing américains face aux SS-20 soviétiques, en cas d'échec aux négociations de Genève.

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Mitterrand et Kohl à Verdun le 22 septembre 1984 - Marcel Mochet - AFP
Mitterrand et Kohl à Verdun le 22 septembre 1984. Marcel Mochet - AFP

1984 : Au Kremlin : le droit des peuples à disposer d'eux-même

S'adressant le 21 juin 1984 au numéro un soviétique Constantin Tchernenko, dans l'enceinte même du Kremlin, M. Mitterrand lance un appel en faveur du dissident Andreï Sakharov, alors exilé à Gorki.

Abordant des sujets tabous à Moscou - l'Afghanistan, les SS-20, le Cambodge, la Pologne - il reprend le "même langage" que, souligne-t-il, il "tient partout" : "je souhaite que tous les peuples d'Europe puissent se retrouver en multipliant leurs échanges, que les libertés grandissent. Il ne faut pas qu'ici ou là les libertés soient soudain révoquées."

1990 : La Baule (sommet africain) : le débat sur le multipartisme

En liant démocratie et développement, le discours que prononce François Mitterrand au sommet franco-africain de la Baule (19-21 juin) ouvre une nouvelle ère dans les relations franco-africaines : l'aide française sera "plus tiède face aux régimes qui se comporteraient de façon autoritaire" et "enthousiaste envers ceux qui franchiront avec courage ce pas (vers la démocratisation)

1990  : ONU : pour une conférence internationale sur le Proche-Orient

Le 24 septembre 1990 :  François Mitterrand, très pessimiste à la veille de la guerre du Golfe, exclut tout compromis : "l'heure est venue du règne de la loi internationale".

Il plaide néanmoins en faveur d'une "dynamique de bon voisinage" dans toute la région, et d'une conférence internationale (qui s'ouvrira à Madrid le 30 novembre 1991).

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François Mitterrand au sommet franco-africain de La Baule Marcel Mochet - AFP
François Mitterrand au sommet franco-africain de La Baule. Marcel Mochet - AFP

1995 : COPENHAGUE : le dernier message au monde

Au sommet de l'ONU sur la pauvreté, le président Mitterrand renoue avec l'esprit de Cancun : "laisserons-nous ce monde se transformer en un marché global sans autre loi que celle du plus fort" ?

Plaidant en faveur de "contrats de développement social", il désire également "conclure sur un mot personnel" : "durant 50 ans de ma vie, j'ai pu agir pour se rapprocher de l'idéal qui est le nôtre", avec ces "pensées au coeur: la liberté et l'égalité, le social, les droits de l'Homme et ceux des travailleurs, la démocratie, tout cela est indissociable".

 

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Discours de Mitterrand au Bundestag en 1983 - INA