Algérie : de Gaulle et sa solution négociée

 

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De Gaulle aux Algérois en 1958 : Je vous ai compris. - AFP
De Gaulle aux Algérois en 1958 : Je vous ai compris - AFP

Par Claude CASTERAN

Le 1er novembre 1954, le Front de libération nationale (FLN) algérien lance une insurrection armée pour conquérir, contre la France, l'indépendance de Algérie. Malgré la présence de 400.000 militaires français sur place dès 1956, malgré l'allongement du service militaire à 27 mois, la France ne parvient pas à écraser la rébellion.

Le 13 mai 1958, alors que la IVe République est à bout de souffle, des Français partisans de l'Algérie française se soulèvent à Alger. Formant un Comité de salut public, ils s'emparent des bâtiments publics pour signifier à Paris que l'Algérie sera toujours la France.

Le recours se nomme Charles de Gaulle. Isolé, entouré d'une poignée de fidèles qui ne croient guère à un avenir politique, il est quasi retiré des affaires depuis le début des années 50. Mais son prestige demeure et, en quelques jours, son nom s'impose pour tenter d'éviter le chaos d'une guerre civile.

Le 1er juin 1958, Charles de Gaulle est investi président du conseil - dernier de la IVe République - par l'Assemblée nationale. Il reçoit les pleins pouvoirs afin de présenter au pays une nouvelle constitution.

Le 4 juin 1958, du balcon du gouvernement général d'Alger, il lance à la foule en liesse : « Je vous ai compris », laissant croire qu'il est décidé à conserver l'Algérie française. Il va créer amertume et désillusions parmi les colons d'Algérie.

Car, une fois président du Conseil, puis de la République, de Gaulle amorce une politique différente de celle attendue par les partisans de l'Algérie française. Conscient du caractère inéluctable de la décolonisation et du coût humain et financier de la guerre, de Gaulle avance vers une solution négociée.

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De Gaulle en Algérie en 1959. - AFP
De Gaulle en Algérie en 1959 - AFP

Il annonce dans son plan de Constantine (octobre 1958) des réformes économiques et sociales favorisant l'assimilation des Musulmans. Il va un peu plus loin en avançant l'idée de l'autodétermination de l'Algérie (septembre 1959), puis en parlant « d'Algérie algérienne » (juin 1960).

Lors du référendum du 8 janvier 1961, 75% des Français se prononcent en faveur de l'autodétermination. Malgré cela, les partisans de l'Algérie française tentent de prendre le pouvoir à Alger (putsch des généraux, 22 avril 1961) et se regroupent dans l'OAS (Organisation de l'armée secrète) qui multiplie les attentats contre les gaullistes en Algérie et les Musulmans. De Gaulle lui-même échappe de peu à plusieurs attentats, comme celui d'août 1962, au Petit-Clamart, près de Paris.

Des négociations s'étaient ouvertes en mai 1961 entre le FLN et la France. Elles aboutissent aux accords d'Evian et à un cessez-le-feu (19 mars 1962). L'indépendance de l'Algérie est proclamée le 3 juillet 1962, après 132 ans de présence française et sept ans et demi de guerre. Son principe avait recueilli lors du référendum du 8 avril 1962 l'approbation de 90% des Français.

La fin de la guerre d'Algérie donnera lieu à des épisodes tragiques, marqués par le terrorisme de l'OAS, le départ d'Algérie de centaines de milliers d'européens et de harkis (soldats algériens ayant combattu aux côtés de la France) menacés par les membres du FLN.

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De Gaulle annonce les accords d'Evian - INA