Les villes se mettent au vert
La hausse des températures rend plus étouffantes encore les grandes villes et impose de profonds réaménagements :
PARIS, 29 juillet 2021 (AFP) - En hauteur sur un toit de New York, sur les balcons d'un immeuble de Milan (Italie) ou au ras du sol dans les rues de Medellin (Colombie) : les sites végétalisés fleurissent dans des grandes villes.
Ramener la nature dans la cité, aujourd'hui tout le monde est d'accord : 70% des gaz à effet de serre proviennent des zones urbaines et les canicules sont plus redoutables dans les grandes agglomérations.
A travers le monde, urbanistes, architectes et paysagistes, poussés par un public en quête de bien-être et par des élus en recherche d'attractivité, multiplient les projets pour mettre plus de vert dans les villes.
Les résultats suivent : grâce aux murs et toits végétalisés, la température dans une rue peut baisser en été de plusieurs degrés aux heures les plus chaudes.
Trois exemples de morceaux de campagnes au milieu de grandes villes :
- Culture sur toiture à New York -

Au milieu des buildings, de hautes cheminées, de routes à quatre voies en bas, Statue de la Liberté au loin, des champs de radis, de poireaux, de salades sur un terrain de plus de 14.000 m2.
C'est l'un des plus grands toits cultivés au monde, au 9e étage d'un building de Sunset Park à New York, à la Brooklyn Grange. Ici, on cultive, on vend, on achète, on se balade, on aide les citadins à « retrouver une connexion à la nature ».
Et ce faisant, on fait baisser la chaleur, améliore la qualité de l'air, enrichit la biodiversité - on peut y voir de petits oiseaux picorer les graines et des oiseaux de proie comme des buses à queue rousse, expliquent les fondateurs de ce projet pionnier.
Lancé il y a une dizaine d'années, il se décline aujourd'hui sur trois toits new-yorkais d'une superficie totale de plus de 22.000 m2 où sont cultivés plus de 45 tonnes de produits bio par an.
- Forêt verticale à Milan -

A Milan, ce sont deux hectares de forêt en hauteur, 20.000 plantes et arbres répartis sur deux immeubles au beau milieu du quartier de Porta Nuova. On l'appelle le « Bosco Verticale » (forêt verticale en italien).
Mélèzes, cerisiers, pommiers, oliviers, hêtres... Sur chaque balcon poussent des dizaines de plantes ou d'arbres, choisis et positionnés en fonction de leur résistance au vent et de leurs préférences en matière de luminosité ou d'humidité.
Ce projet est « né de mon obsession pour les arbres » et d'une réflexion sur « la manière dont ils pouvaient devenir une composante essentielle de l'architecture », selon son architecte Stefano Boeri. L'idée était aussi de construire un édifice qui puisse « contribuer à réduire la pollution de la ville ».
- Corridors verts à Medellin -
A Medellin, deuxième ville de Colombie, les rues étaient avant privées de nature, abruties de chaleur et abandonnées aux déchets.
Un projet innovant les a transformées en « corridors verts » arborés et fleuris, « connectés » en réseau aux espaces verts déjà existants, des parcs ou pelouses publics aux jardins privés.
Cette végétalisation a permis de faire baisser la température de 2°C dans cette ville de 2,5 millions d'habitants, d'aider à purifier l'air, de faire revenir abeilles et oiseaux, d'impliquer les habitants, de créer des emplois de jardiniers.
