La dissuasion nucléaire française, de Charles de Gaulle à François Hollande

Chronologie de la dissuasion nucléaire française, de la création du CEA par le général de Gaulle, à la décision de François Hollande de maintenir la force dans ses deux composantes, sous-marine et aéroportée.
18 octobre 1945
Le général de Gaulle, devenu président du gouvernement provisoire, crée le Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Bien que strictement civil, le nouvel organisme se voit confier des tâches importantes dans le domaine militaire.
1951
Pierre Guillaumat est nommé administrateur général du CEA. Il sera, avec le général Pierre Marie Gallois et le physicien Yves Rocard, l'un des principaux artisans du programme nucléaire militaire français.
1952
Sous l'impulsion de Félix Gaillard, secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil, le Parlement adopte un plan quinquennal (1952-57) de l'énergie atomique.
Novembre/Décembre 1954
Création du Comité des explosifs nucléaires (CEN), organisme mixte armée-CEA, chargé d'étudier le fonctionnement de l'arme nucléaire au plutonium. Un Bureau d'études générales (BEG) recrute des ingénieurs civils et militaires.
18 mars 1957
Création d'un groupe armée-CEA des expérimentations nucléaires. Les premiers bombardiers Mirage IV sont commandés aux Avions Marcel Dassault.
Novembre 1957-Mai 1958
Aménagement sur le site de Reggane, dans le sud algérien, du centre d'expérimentation où doit avoir lieu le premier essai nucléaire français.
Janvier 1958

L'usine d'extraction du plutonium de Marcoule, dans la vallée du Rhône, où sont construits les réacteurs nucléaires à usage militaire, entre en service.
11 avril 1958
Félix Gaillard, devenu président du Conseil, signe une décision secrète ordonnant de prendre toutes les mesures pour réaliser à partir du 1er trimestre 1960 la première série d'explosions expérimentales d'engins atomiques.
22 juillet 1958
Revenu au pouvoir, de Gaulle confirme l'ordre d'expérimenter l'arme nucléaire au premier trimestre 1960 et accélère les décisions.
13 février 1960
Baptisée « Gerboise bleue » , la première bombe A française au plutonium, d'une puissance d'environ 70 kilotonnes, explose au Sahara algérien.
2 juillet 1966
Après 17 essais nucléaires au Sahara, la France procède à son premier tir sur l'atoll de Moruroa, en Polynésie.
29 mars 1967
Lancement du premier sous-marin nucléaire français, le Redoutable.
24 août 1968
Explosion de la première bombe H (thermonucléaire) française - une bombe à fusion, beaucoup plus puissante que celle à fission - au dessus de l'atoll de Fangataufa.
8 avril 1992
Prenant acte de la fin de la guerre froide, François Mitterrand

déclare un moratoire sur les essais nucléaires français, près d'un an après un dernier tir, le 15 juillet 1991.
13 juin 1995
Jacques Chirac, devenu chef de l'Etat, annonce sa décision de procéder à une dernière série d'essais avant leur interdiction définitive pour permettre à la France de passer au stade de la simulation, déclenchant un tollé international.
29 janvier 1996
Le président Chirac annonce l'arrêt définitif des essais, après un 210e et dernier tir français.
5 janvier 2010
Rompant avec l'argument de l'innocuité des essais, la loi du 5 janvier 2010 organise l'indemnisation des victimes civiles et militaires atteintes de maladies radio-induites provoquées par les essais nucléaires réalisés par la France.
30 janvier 2012
François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle, s'engage, s'il accède à l'Elysée, à « maintenir la capacité de dissuasion nucléaire » de la France, dans ses deux composantes, sous-marine et aérienne.